Glossaire

Les mots d'un devis d'affrètement.

Douze termes reviennent dans chaque conversation d'affrètement, et la plupart des devis les emploient sans les expliquer. Voici ce qu'ils recouvrent, et ce qu'ils changent concrètement pour votre vol.

Empty leg (vol à vide)

Segment volé sans passager pour repositionner l'appareil, revendu 50 à 75 % sous le tarif d'affrètement.

Un empty leg est un trajet que l'appareil doit effectuer de toute façon : il a déposé un client à Nice et doit rejoindre Genève pour la mission suivante. L'opérateur paie déjà le carburant et l'équipage, il vend donc ce segment très en dessous du prix normal. La contrepartie est rigide : la date, l'heure et le trajet sont imposés, et le vol peut être annulé si la mission qui le génère change. C'est le seul mécanisme qui rapproche l'aviation privée du prix d'un billet de classe affaires.

En détail

FBO (Fixed Base Operator)

Terminal privé d'un aéroport : salon, douane, parking avion, assistance au sol.

Le FBO est l'aérogare de l'aviation d'affaires. On y arrive quinze minutes avant le décollage, la voiture accède au pied de l'appareil, le contrôle est effectué sur place et les bagages ne passent par aucun tapis. Les grands noms européens — Signature, Universal, Jetex, Sky Valet — exploitent plusieurs FBO par aéroport. Le choix du FBO change le coût d'assistance et parfois la durée du passage au sol : c'est une ligne du devis, pas un détail de confort.

ACMI

Location d'un appareil avec équipage, maintenance et assurance fournis par l'opérateur (Aircraft, Crew, Maintenance, Insurance).

En ACMI, le client loue l'avion et son équipage à l'heure de vol ; l'opérateur garde la responsabilité technique et assurantielle, le client paie séparément le carburant, les redevances et les taxes. La formule vient du transport aérien commercial et sert surtout aux compagnies qui doivent absorber un pic de trafic. En aviation d'affaires, elle apparaît sur les gros porteurs VIP et les missions longues ; pour un vol ponctuel, l'affrètement classique tout compris reste la norme.

AOC (certificat de transporteur aérien)

Agrément national autorisant un opérateur à transporter des passagers contre rémunération.

Sans AOC, aucun vol payant n'est légal. Le certificat est délivré par l'autorité du pays d'immatriculation — la DGAC en France, sous cadre EASA — et impose un manuel d'exploitation, des minima d'équipage, un programme de maintenance et des audits réguliers. Quand un courtier vous propose un appareil, la première question utile est le numéro d'AOC de l'opérateur qui l'exploite : c'est ce document, et non le nom du courtier, qui porte la responsabilité du vol.

Positionnement (repositioning)

Trajet effectué à vide pour amener l'appareil au point de départ du client, facturé dans le devis.

Un appareil basé à Genève et demandé au départ de Nice doit d'abord rejoindre Nice : ce segment est facturé. C'est la principale raison pour laquelle deux devis sur la même liaison peuvent différer de plusieurs milliers d'euros — l'un part d'un appareil déjà sur place, l'autre le fait venir. Un aller-retour dans la journée évite un double positionnement et coûte donc souvent moins qu'un aller simple sur deux jours.

Altiport

Aérodrome de montagne à piste courte et pentue, exigeant une qualification spécifique de l'équipage.

Courchevel (LFLJ) et Megève (LFHM) sont des altiports : piste de moins de 600 mètres, pente marquée, approche à sens unique sans remise de gaz possible au-delà d'un certain point. Seuls des appareils légers et des équipages qualifiés altiport peuvent s'y poser. En pratique, la majorité des clients se posent à Chambéry, Genève ou Grenoble et terminent en hélicoptère ou en voiture — l'altiport reste réservé aux turbopropulseurs et aux avions légers.

Couvre-feu (curfew)

Plage horaire pendant laquelle un aéroport interdit les mouvements, pour raisons de bruit.

Le Bourget ferme de 22h15 à 6h, Genève de minuit à 6h, Cannes-Mandelieu de 22h à 6h30. Un couvre-feu ne se négocie pas : un dîner qui s'éternise peut transformer un retour le soir même en nuit d'hôtel, ou déplacer le départ vers un terrain voisin sans restriction. C'est la contrainte qui décide le plus souvent du plan de vol réel, avant même le choix de l'appareil.

Jet card

Heures de vol prépayées à un tarif horaire fixe, avec disponibilité garantie sous préavis.

La jet card se situe entre l'affrètement à la demande et la propriété : on achète un bloc d'heures (typiquement 25) sur une catégorie d'appareil, à un tarif verrouillé, avec un délai de mise à disposition garanti. On gagne la prévisibilité du prix et l'absence de négociation à chaque vol ; on perd la possibilité de comparer le marché à chaque mission. Le seuil de bascule se situe autour de 25 heures par an — en dessous, l'affrètement classique reste moins cher.

En détail

Propriété fractionnée

Achat d'une part d'appareil (1/16 à 1/2) donnant droit à un quota d'heures annuel.

On achète une fraction d'un appareil précis et l'on paie ensuite une redevance mensuelle de gestion plus un tarif horaire de vol. La part se revend au terme du contrat, généralement cinq ans, à une valeur de marché qui n'est pas garantie. La formule devient pertinente au-delà de cinquante heures annuelles ; en dessous, la redevance fixe pèse plus que l'économie horaire.

En détail

PPR (Prior Permission Required)

Autorisation préalable exigée par certains aérodromes avant tout atterrissage.

Un terrain sous PPR n'accepte pas un appareil qui se présente sans accord préalable : il faut déposer une demande, parfois plusieurs heures à l'avance, parfois la veille. La règle est fréquente sur les altiports, les terrains militaires ouverts au civil et les aérodromes saturés en haute saison. C'est une des raisons pour lesquelles un vol privé se prépare en heures et non en minutes, même quand l'appareil est disponible.

Créneau (slot)

Fenêtre horaire attribuée pour un décollage ou un atterrissage sur un aéroport coordonné.

Sur les plateformes saturées — Nice en été, Genève pendant le Salon, Le Bourget au Salon du Bourget — les mouvements sont attribués par créneaux. Un créneau manqué ne se rattrape pas : il faut en redemander un, et l'attente peut dépasser l'heure. Pendant le Festival de Cannes ou le Grand Prix de Monaco, les créneaux de Nice et de Cannes-Mandelieu se réservent des semaines à l'avance, avant même l'appareil.

ARGUS, Wyvern, IS-BAO

Trois programmes d'audit privés qui notent la sécurité d'un opérateur au-delà du minimum réglementaire.

L'AOC est le minimum légal ; ARGUS (Gold, Gold Plus, Platinum), Wyvern (Wingman) et IS-BAO (trois étapes) sont des audits volontaires qui examinent l'expérience des équipages, l'historique de sécurité et les procédures. Ils ne sont pas obligatoires et coûtent cher, ce qui en fait un signal réel. Demander le niveau d'audit de l'opérateur — et pas seulement celui du courtier — est la question la plus utile avant un premier vol.

Devis ferme sous 60 minutes

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